J'ai toujours aimé mentir. Seulement là, je n'ai fait que dire la vérité et je me suis pris une véritable claque dans la gueule. Et c'est à ce moment précis que j'ai compris que j'étais en train de le perdre. Il m'avait déjà apprivoisé, il avait vu en moi la connasse cachée derrière mes yeux bruns. Pourtant, il ne se doutait pas que sa présence, son contact, sa philosophie de la vie m'avaient déjà changée. Et malgré tout, il avait de nouveau peur. Cette frayeur de l'avenir qu'ont tous les gens au c½ur maintes fois déchiré. Quoique je fasse, quoique je dise, il m'avait déjà fiché parmi ses « salopes à quitter».J'aurais tout donné, tout, pour le retenir et l'étreindre pour toujours. Il aurait peut-être suffit d'un mot de plus, d'une étreinte plus forte, ou d'une dispute affreusement déchirante pour mieux se retrouver...
Après cette nuit-là, il est parti. Je n'aurais pas dû monter dans la voiture, lâcher sa main, et dans cette rue sinistre, j'aurais dû tenter de ne plus fuir l'avenir. J'aurais dû lui hurler que j'étais une conne et que je l'aimais comme une folle. Oser lui dire que je voulais qu'il reste à jamais. Oser lui dire que si je devais avoir mal, j'acceptais de souffrir avec lui. Oui, oser quitte à en crever. Un jour on m'a dit que la vie n'était pas faite de respirations, juste de moments qui vous coupent le souffle. Ce garçon m'a coupé le souffle. Un instant de lui, valait tous les baisers d'un Romeo, ou d'un Apollon. J'aurais aimé vivre en apnée une respiration de plus et faire reculer cette névrose qui inconsciemment, m'a séparé de lui. Pour lui, j'aurais lutté contre mon corps, battu, vaincu par ce putain de poison. En quelques jours, il avait découpé son nom en gros caractères dans mon c½ur. Ces 4 lettres, qui à présent me brûlent la poitrine, étaient des étincelles capables d'incendier le reste de ma vie. Le temps est un traitre, un matin il se révèle être un espion et nous poignarde dans le dos. Oui, le temps nous joue les plus mauvais tours.
Aujourd'hui, je me dis que mon bonheur n'avait peut-être pas un goût d'interdit au final, juste une saveur d'éphémère.